Nous devons appartenir à notre Existence, si nous voulons être fidèles à ses puissances. Pour être fidèles à ce qui en nous et hors de nous-en relation avec nous surgit comme événements, comme remises en cause, comme dimensions insoupçonnées et insoupçonnables, comme jeunesses de soi, comme renaissances et rédemptions, comme altérités de/en soi/hors de soi.
Nous ne sommes jamais à la hauteur de tous ces possibles-impossibles, de tout ce qui de nous/en nous/hors de nous ne peut que nous déborder – Déborder notre moi identitaire et bétonné. Si ce/notre moi est nous, alors nous sommes plus que nous.
Cherchons à appartenir à ce nous-plus que nous, à nous laisser déborder, ouvrons nous à ce nous, désidentifions nous, brisons nos bétonnages identitaires.
Alors nous appartiendrions non pas à nous mais à ce plus que nous et si ce plus que nous de nous c’est ce qui peut tramer notre Existence – comme notre Existence au-delà de nous-mêmes ; alors nous appartiendrions à notre Existence comme à l’ouverture-brisure de nous-mêmes – alors nous nous offririons à notre Existence.
*** Mais qu’est ce que croire que notre Existence nous appartient ? C’est croire qu’elle appartient à ce que nous sommes identitairement comme moi, comme places et rôles sociaux, comme filiations passivement héritées, comme consommateur culturel, comme images de soi pour soi et pour conjurer ses angoisses ; comme tel-quel dans la trouille-panique de ses propres puissances et dans leurs dénégations et trahisons.
Croire que notre Existence nous appartient c’est tenter d’entretenir avec soi un rapport de maîtrise – de toute façon parfaitement illusoire. C’est croire que nous sommes au centre de nous-mêmes.
*** Comprenons que ce qui précède devrait pouvoir nous permettre 1) De démontrer que le suicide est une trahison de notre Existence et de ses puissances et 2) Nous donner des éléments pour commencer à construire le concept cardinal de « vieux con ».
*** Cependant qu’en est il en vérité de ce qui en nous/hors de nous nous déborde ainsi et qu’en est il d’une Ethique du débordement, de l’expérience de l’altérité en soi/hors de soi, de l’événementialité ? – à suivre philosophiquement et existentiellement.

