Entre le copinage et l’Amour l’Amitié trouverait sa place : Les sentiments éprouvés seraient plus forts que dans le copinage, sans doute moins forts que dans l’Amour et avec la sexualité en moins. L’AMITIÉ pouvant être alors pensée comme l’accomplissement épanoui du copinage et ce qui peut précéder ou suivre l’Amour.
Foutaise que tout cela. Méconnaissance. Dénégation. Trahison.
L’AMITIÉ ne se distingue pas en degrés de sentimentalité, en différences quantitatives ; ni non plus par ce qu’elle ne se soutient pas de désirs sexuels (comme si c’était presque pareil sauf qu’il n’y aurait pas la sexualité).
Non l’AMITIÉ est incommensurable à ce qui n’est pas elle. Elle n’est pas dans le plus et le moins et elle n’est pas ce qui pourrait ne pas avoir ceci ou cela – Elle est dans cette incommensurabilité, dans son irremplaçabilité. Elle est donc l’ennemi pour tout totalitarisme (Par exemple du totalitarisme pathologique amoureux en trahison de l’Amour vrai)
Elle n’est pas non plus définissable par des sentiments éprouvés, comme ses attributs que les Amis posséderaient chacun de leur coté (elle peut soutenir effectivement beaucoup de sentimentalité mais cela ne la définit pas – dans son essence). Avoir un AMI ce n’est pas d’abord éprouver les sentiments que l’on éprouve pour lui ; c’est être d’abord avec lui en cette relation d’AMITIE. L’AMITIE n’est pas essentiellement ce que l’on éprouve pour quelqu’un mais la relation qui existe entre lui et nous –L’AMITIE déborde toute sentimentalité et toute subjectivité et donc les AMIS eux-mêmes !
L’AMITIÉ est donc une relation spécifique qui se joue entre deux êtres – et non pas avant tout en eux (bien sûr cela se joue aussi en chacun d’entre eux mais secondairement).Primat du relationnel, primat d’une expérience relationnelle : L’expérience relationnelle de l’AMITIE. Primat de ce qui va porter les deux Amis au-delà justement, de leur intériorité égo-centrée.
Il faudra saisir et penser que notre Epoque et notre Monde sont violemment contraires à l’AMITIE Que nous sommes d’abord étrangers à elle par tout ce qui pour nous d’abord compte : Travail, Famille, Religion, Copinage, Amour etc.
Pourtant l’AMITIE est valorisée et désirée – certes ; mais en tant que méconnue, déniée, trahie ; ou en tant que refoulée comme subversive par tout les totalitarismes de nos mondes.
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Q’en est il de la spécificité de cette expérience relationnelle ?
* Spécifique elle l’est d’abord en ce qu’elle suspend – dan son exercice effectif – toute la trame des autres relations enfoncées dans la vie quotidienne, au jour le jour (quotidienneté familiale, quotidienneté professionnelle, télévisuelle et médiatique, hygiénique et sportive et tout ce qu’on voudra de la même farine, c’est-à-dire des farines qui cuisent et recuisent nos existence au quotidien – pour le meilleur comme pour le pire).
Elle se manifeste – en ponctuations, en parenthèses suspensives – lors de rendez-vous, de rencontres, de fêtes etc. Toujours en interruptions, en exceptions de la quotidienneté. (Bien sûr l’AMITIE a souvent rapport à cette quotidienneté mais alors elle n’est pas dans son site propre, dans sa temporalité propre).
Justement sa Temporalité est complexe : Elle peut se déployer fort longtemps, pendant des décennies, à l’échelle même d’une existence, et en parallèle à tout le reste : Cela constitue sa 1° Dimension temporelle. Mais comme nous l’avons déjà pointer l’AMITIE vient suspendre les temporalités quotidiennes par ses ponctuations spécifiques : 2° Dimension temporelle. Sa temporalité est le nouage de ses deux temps – ce nouage est elle-même.
Au contraire du copinage et de l’Amour qui n’existe que dans les quotidiennetés. Enfoncés en elles comme dans leurs sites.
* Spécifique elle l’est aussi en tant qu’elle ne semble dépendre d’aucune institution
– Entreprises, Familles, Associations, Contrats, Clubs, Mafias diverses etc. L’AMITIE peut certes entretenir des relations avec telle ou telle de ces institutions mais elle n’existe comme AMITIE qu’en pouvant exister sans elles, qu’en pouvant continuer toujours à exister alors que justement elle s’est séparée d’elles. D’un mot : Il n’y a pas d’institutions de l’AMITIE. Elle est comme en excès sur toute institution : En traverse excessive toujours capable de séparation.
* Spécifique elle l’est aussi en tant qu’elle ne dépend pas d’intérêts extérieurs à elle-même c’est-à-dire des intérêts qui constituent très généralement les appâts de nos existences. L’AMITIE produit de nombreux bénéfices et parmis les plus riches mais elle n’est jamais (sauf à être trahie) en position de moyens au service de ce qu’elle produirait comme bénéfices (carrière, économie, pouvoirs, Désirs extérieurs à elle etc.). Tout ce qu’elle génère fait partie d’elle-même, la constitue. On n’a pas des AMIS pour ceci ou cela (= Nos Intérêts de croisière : On a des AMIS pour l’AMITIE, pour ce qu’elle nous donne et qui est elle-même !). Comprenons : On n’a pas des AMIS pour qu’en cas de besoin ils nous aident, on a des AMIS pour l’AMITIE et si nous sommes dans le besoin ils nous aiderons dans l’AMITIE et il nous aiderons dans la gratuité de l’AMITIE que si nous ne sommes pas entrés en AMITIE pour cela !
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Mais qu’en est-il des fruits de l’AMITIE qui sont l’AMITIE ?
* Nous avons déjà évoquée cette temporalité ponctuée de l’AMITIE, ponctuée par les rendez-vous, les visites, les promenades, les célébrations : Plus que des « Fêtes » de l’AMITIE (qu’elles sont vraiment) ce sont des « Fêtes » de nos existences et plus encore les « Fêtes-de-l’EXISTENCE », des mises en Fêtes de l’EXISTENCE – c’est-à-dire des moments sacrés mais sans transcendance, où nous Existons pour Exister dans la gratuité de nos Existence où
nous célébrons nos Existences en tant qu’elles ne renvoient à rien d’autre qu’à elles mêmes. Moments sacré-sans-sacré où nous faisons être nos Existences en ne les subordonnant à rien d’autre qu’à elles mêmes – Dans le sacré de leur immanence Athée (En ce sens mêmes les croyants religieux sont au moins Athées le temps de ces « Fêtes de l’AMITIE » – et c’est sans doute pour cela que l’AMITIE est quelque chose à surveiller pour toute religion, sauf à la subordonner à autre chose qu’à elle-même, sauf alors à subordonner l’Existence humaine à un principe évidemment transcendant). Les « Fêtes de l’AMITIE » sont ainsi des « Fêtes ontologiques » pour nous qui pratiquons alors l’Ontologie comme Monsieur Jourdain la prose.
* L’AMITIE se manifeste aussi dans toute sa force effective dans le « Dialogue d’AMITIE ». Les deux AMIS prenant alors du recul par rapport à leurs Existences respectives pour tenter d’en produire des éléments de pensée afin d’en saisir les enjeux singuliers, les problématiques singulières ; afin encore de trouver ensemble de nouvelles voies, de nouvelles puissances, de nouvelles beautés ; aux limites inédites et excessives de chacun. L’AMITIE est ainsi toujours Pensante (même pour ceux qui ne sont en rien des « intellos » comme on dit). L’AMITIE permet éventuellement de nous réinventer, de nous porter au-delà de nos égocentrismes bétonnés. Dans l’AMITIE nous aimons l’AMI au plus fort possible de lui-même (tout ce qui précède permet de distinguer l’AMITIE du copinage non point en degrés mais en différence qualitative relationnelle). L’AMITIE est donc certes bienveillante, compatissante et aidante mais elle est tout autant exigeante – Telle est sa générosité. (L’AMOUR aussi est pensant mais il est alors à lui-même son propre objet, pris dans ce qu’il tente de penser c’est-à-dire dans ses difficultés et sa conflictualité ; l’AMITIE elle ne tente pas de se penser mais tente de penser les autres registres de l’Existence – En retrait suspensif et pourtant intime : Elle a donc tout pour déplaire aux pouvoirs de ces registres).
L’AMITIE – comme la Promenade (cf. deux autres Pt J), et l’AMITIE génère toujours beaucoup de Promenades) – n’est pas directement ce qui dans nos Existences peut faire que nous soyons saisis par des Evénement et que nous les saisissions – contrairement à la Politique non gestionnaire tellement rare, contrairement à l’Amour soutenu au-delà des premières crises égocentriques, contrairement aux sciences non cartomanciennes, contrairement aux Arts non de digestion (qui eux tous ouvrent événementiellement nos Existences). Mais l’AMITIE, et telle est sa grandeur, peut nous aider à nous porter aux limites de nous-mêmes, au bord de ce qui, pour chacun d’entre nous, pourrait faire Evénement. L’AMITIE peut alors nous aider à briser notre égocentrisme et nos Identités végétatives de soumission.
P.S du 10-10-13 : Essence et Singularité ? 8 ans après :
* Ce que je voudrais tenter de Penser n’est pas tant du « Général » que l’on retrouverait dans toute AMITIE que « ce à partir de quoi » toute AMITIE se Singularise, n’existe que comme SINGULARITE – cette Essence n’Existant que de se Singulariser.
Des AMITIE donc toujours SINGULIERES.
Il y a des Essences mais n’existe que du SINGULIER ? Comprenne qui pourra !
* Chaque trait d’Amitié d’une Amitié est ainsi SINGULARISE /ET chacun de ses trait, qui sans faire partie de l’essence de l’Amitié (il pourrait ne pas être) se combine à elle, 1° est reconfiguré par l’Amitié et participe à la Singularisation de cette Amitié (cercle qui génère les richesses d’une Amitié et sa figure propre).
Ainsi chaque Amitié à sa manière à elle de Penser, de Festoyer, de se temporaliser etc.
Et chacune peut s’incorporer Singulièrement (dans le cercle pointé ci-dessus) : des collaborations Artistiques ou Scientifiques, des beautés d’une tendresse, un engagement Politique commun, des partages sur un terrain de pétanque, des parties de pêches en hauts profondes, l’appartenance à une même famille (le plus délicat !), des passés commun extérieurs à l’Amitié etc.
Pour choquer le chaland qui croise dans le coin, j’affirme que l’AMITIE est tout aussi Gratuite qu’inutile (je laisse à titre d’exercice pour le Lecteur, qui par accident ne serait pas un chaland mais un voilier de croisière, la Pensée de l’inutilité de l’AMITIE ! ?) – comme l’Amour et tout ce qui fait la grandeur de nos Existences ! ?

